Le coaching exécutif n'a presque rien à voir avec le conseil. Ceux qui en tirent le moins sont ceux qui arrivent en attendant des réponses. Ce qui change vraiment un comportement, ce n'est pas qu'on vous dise quoi faire : c'est qu'on vous pose la seule question qui rend impossible de continuer à ignorer un schéma que vous protégiez.
Un consultant vous tend la réponse ; un coach vous fait trouver la vôtre. Les hommes habitués à acheter de l'expertise engagent un coach, puis attendent le mode d'emploi, et quand il ne vient pas, ils jugent l'exercice mou. Mais le mode d'emploi n'a jamais été le livrable. Vous savez déjà l'essentiel de ce que vous devriez faire ; vous le savez depuis des mois. Le coaching fonctionne sur un tout autre mécanisme : la prise de conscience que vous atteignez vous-même change le comportement, tandis que le conseil qu'on vous tend s'évapore dès le lundi. Confondre les deux garantit de gâcher la mission à attendre la mauvaise chose.
Cela passe par la réflexion, pas par l'instruction
La valeur n'est pas dans le savoir du coach. Elle est dans la question qui retourne votre propre savoir contre vous, pour que vous ne puissiez plus ignorer ce que vous évitiez.
Un fondateur passait sans cesse par-dessus son directeur produit, puis se plaignait que l'homme ne montrait aucune initiative. Son coach ne lui a pas fait la leçon sur la délégation. Il a posé une seule question : « Que conseillerais-tu à ton meilleur ami s'il était à ta place ? » Le fondateur a répondu sur-le-champ : « Reculer et le laisser s'approprier le sujet. » Et il s'est entendu dire la chose qu'il refusait de faire. Aucun conseil n'a été donné. L'instruction est sortie de sa propre bouche, et c'est exactement pour cela qu'elle a tenu.
Cela vise le comportement, pas le savoir
Connaître son défaut ne change rien. La plupart des hommes savent nommer leur pire habitude et la répètent pendant des années. Le coaching comble cet écart en rendant le comportement visible et mesurable, pas seulement compris.
Un dirigeant savait, en théorie, qu'il coupait la parole. Le savoir ne l'avait jamais arrêté une seule fois. Son coach lui a fait compter pendant une semaine : de vraies barres après chaque réunion. Voir le chiffre, et en ressentir la petite honte, a fait ce que la connaissance n'avait jamais fait. Le but du coaching n'est pas de vous informer. C'est de rendre un comportement connu assez réel pour que vous agissiez enfin dessus.
Comment commencer : un comportement, un témoin
Les hommes qui bloquent avant de commencer en font un chantier colossal. Ce n'en est pas un. On démarre avec un seul comportement à changer et une seule personne prête à vous en dire la vérité.
Ne commencez pas par un vaste plan de développement. Commencez serré : « Je veux cesser de monopoliser les décisions en réunion », puis demandez à un collègue de confiance de vous le signaler quand cela arrive. Voilà une boucle de coaching en miniature qui fonctionne : une cible, une source de retour honnête, un comportement suivi dans le temps. Vous engagerez un professionnel plus tard. Le mécanisme qui fait que ça marche est à votre portée dès cette semaine.
Le coaching exécutif marche parce que les réponses que vous atteignez vous-même durent plus que celles qu'on vous tend, et parce qu'un comportement ne change que rendu assez visible pour être affronté. Il n'a jamais été question d'une personne plus intelligente vous disant quoi faire. Alors, avant de le juger mou ou d'attendre qu'on vous tende un plan, demandez-vous : quel est le comportement que vous savez déjà devoir changer, et à qui pourriez-vous donner la permission de vous y rappeler ?